‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 187 sur 200 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

DAiMIS, EMILIE.

L'expression me manque, et ma bouche est muette. Quel coup! Et je l'aimois! Qu'elle soit satisfaite. Que de ses soins trompeurs Florville soit l'objet, Sans craindre qu'aujourd'hui son triomphe m'afflige; Il peut l'adoier.

EMILIE

Non.

DAMIS

L'épouser.

ÉMILI E.

Non, vous dis-je.

DAMIS

J'applaudirai moi-même à ce noble projet.

EMILIE

Ah ! jjardez-vous-eu bien... Votre erreur est extrême.

DAMIS

Non , je suis détrompé .

EMILIE

La comtesse vous aime.

DAMIS

Sa conduite avec moi le prouve.

ÉM ILIE.

Assurément.

Je voudrois ra'expliqiier, parler plus clairement;

26a LES ÉPREUVES.

Mon silence est cruel , et l'honneur me l'impose. Mais Emilie est franche; elle connoît sa sœur, Et malgré vos soupçons vous répond de son cœur.

Ses torts en sont plus grands.

EMILIE

Eh bien! je le suppose.

Mais, Damis, croyez-moi, modérez vos transports; Ne vous séparez point d'une amante chérie : Souvent, pour l'oublier, il faut toute la vie, Quand un jour eût suffi pour oublier ses torts.

DAMIS

Eh bien ! je puis me rendre : oui, charmante Emilie, De ce cœur déchiré l'amour est le plus fort; Et je veux, méritant les soins de mon amie. Pour excuser sa sœur, faire un dernier effort. C'est à vous de m'aider : mon sort vous intéresse , Et vous consentiriez à servir ma tendresse?

EMILIE

Oh ! de tout mon pouvoir : que voulez-vous?

DAMIS

Je veux Qu'en ce jour, qu'à l'instant vous receviez mes vœux

EMILIE

Je ne le puis.

DAMIS

Si fait.

EMILIE

Je sais bien le contraire.

Si vous alliez m'aimer, jugez quel embarras!

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