SCÈNE IV
.SÉSO.STUIS, ORPHANIS, IS.SA.
OnPHANIS.
Je vous cherchois, seigneur.
Souffrez que, découvrant les replis de mon cœur. Sans crainte devant vous je rompe un Ion;; silence. Je dois tout à vos soins , et ma reconnoissance Va confesser mon crime, et ne rien déguiser. Ou'unc amante est crédule et prompte à s'abuser !
/,o ORPHANIS,
Oiii, seigneur, malgré moi j'aime Arcès, je l'adore.
Que dis-je ! c'étuit peu : j'osai prétendre encore
One l'hymen nous unît et confondît nos rangs.
t:et espoir fit long-temps mon bonheur. Mais j'apprends
Qu'un monarque laineux le demande pour gendre.
Il m'a donné son cœur, et je viens le lui rendre.
l'our prix de vos bienfaits vous ne me verrez pas
Exciter la discorde au sein de vos états.
Quoi qu'il m'en coûte enfin, quand mon amour vous blesst
c'est à moi d'immoler mon cœur et ma foiblesse.
Ainsi demain, seigneur, l'astre naissant du jour
3Ie verra pour jamais fuir le prince et la cour.
SÉSOSTRIS
Aux nobles sentiments que vous faites paroître,
■l'ouvre les yeux, madame, et j'apprends à conuoître
Quel hommage on doit rendre au sang dont vous sortez.
Vous dédaignez le trône, et vous le méritez.
].e prince vous chérit; que ne puis-je, madame,
Couronner à la fois vos vertus et sa flamme !
Mais vous savez qu'un prince est soumis à la loi
De ne donner sa main qu'à la fille d'un roi.
Vous eu avez le cœur sans en avoir le titre.
Je vous plains : cependant je vous laisse l'arbitre
1 ie choisir pour séjour Memphis ou ce palais ,
1 t vous pouvez par-tout compter sur mes bienfaits.