SCÈNE ÏI
FRONTIN
Mon cher Frontin, un moment, s'il vous plaît. Quand dans la tête on a plus d'une affaire, H faut se raconter le soir ce qu'on a fait. Et le matin ce qu'on doit faire.
D'abord, aller parler au joaillier Martin; Venir de mon message aussitôt rendre compte; Puis porter à Sophie un billet du matin ;
Puis... Voilà tout, je crois. Monsieur le comte Ne me laisse pas vivre en homme désœuvré. De deux emplois ici je nie vois honoré : Courir après Sophie , et garder la comtesse; Avoir l'œil sur la femme, et servir la maîtresse; Ce n'est pas là, je crois, un petit embarras. Mais ne nous plaignons point; mon maître n'a-t-il pas
Une peine égale à la notre?
Comme nous , il a deux emplois Assez embarrassants : être tout à-la~fois
Jaloux de l'une, amant de l'autre;
C'est employer sou temps , je crois.
Voici le chevalier. Tâchons de disparoître.