SCÈNE II
ORPHANIS, ISSA, AZOR.
ORPHANIS.
Quoi! c'est vous, cher Azor ! vous qui chez les Cretois Avez suivi l'amant dont mon cœur a fait choix? Que votre aspect sans lui m'étonne et m'inquiète ! Venez-vous m'annoncer sa mort ou sa défaite?
AZOR
Madame , aux coups du sort il faut vous préparer.
ORPHANIS.
Quel effroi de mes sens vient soudain s'emparer !
AZOR
Le ciel n'a point voulu favoriser nos armes.
ORPHANIS.
Hélas! c'en est donc fait : ô mortelles alarmes! N'est-il plus d'espérance? ah! daignez, cher Azor, Me confirmer les maux dont mon cœur doute encor.
AZOR
Après avoir long-temps combattu la tempête , Enfin du mont Ida nous découvrons le faîte. On aborde, on descend, et les Cretois surpris, Poussent en nous voyant de formidables cris. Chacun range les siens, et s'apprête au carnage : Le signal est donné ; déjà tout le rivage N'est qu'un vaste théâtre où règne la terreur. L'un et l'autre parti s'avance avec fureur.