‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 76 sur 200 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

LE COMTE

Non, je veux qu'elle n'aime personne,

LE CHEVALIER

Non, tu veux qu'elle t'aime, oui, toi.

Encor si ton honneur s'alarmoit , cet effroi Est un vieux préjugé qu'aux maris on pardonne; Je te plaindrois sincèrement :

Mais non , ce n'est , sur ma parole Ni préjugé, ni faux raisonnement; c'est une passion aussi triste que folle.

LE COMTE

Point; c'est un sentiment par la raison dicté; C'est de l'honneur.

LE CHEVALIER

c'est de la vanité.

(plus gaiement, mais plus bas. ) Mïiis il me vient une pensée , écoute : Si ton cœur est jaloux de ce qu'il n'aime pas.

De ce qu'il aime il ne l'est pas , sans doute? Et sans danger on pourroit , en ce cas...

Hem?

LE CHEVALIER

En conter à ta maîtresse.

LE COMTE, avec humeur.

Enfin , il faut absolument Que monsieur plaisante sans cesse.

LE CHEVALIER

Point du tout.

io8 LE JALOUX SANS AMOUR.

LE COMTE

Oh! finissons.

LE CHEVALI ER.

Frauchement , J'admire de ton cœur les vastes fantaisies .

Il est, ma foi, par-tout. Comment!

Mener de front deux jalousies !

C'est n'être pas oisif, vraiment...

LE COMTE, d'un ton picjué.

Écoute, chevalier, parlons sans nous déplaire. Endoctriner le frère en épousant la sœur, C'est trop d'affaire aussi ; l'on ne peut pas tout faire. Si tu le veux, dès demain sois mon frère; Mais ne sois pas mou précepteur.

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