ACTE II, SCÈNE XIV
(« Emilie. ) Sur ce nouvel hymen je vous tais compliment. Nous l'avez contracté, l'on vient de vous le dire; Mais vous nen savez rien , et c'est ce que j'admire.
Le contrat est garant de tout ce que je dis. ii est fait sous le nom de monsieur le marquis; Et milord est lui-même inventeur de la ruse.
g M i:.iF-, à Belfort.
Vous ne démentez point Lafleur, qui vous accuse?
BELFORT
Il dit la vérité... D'Orville est votre époux.
le marquis, à Emilie, en se jetant à ses pieds. Je me jette à vos pieds.
belfort, à Emilie, en se jetant aussi à ses pieds. Je tombe à vos genoux.
lafleur, à Emilie, en se jetant de même à ses pieds. Je m'y prosterne aussi.
Emilie, à part.
Je doute si je veille...
Je n'ose-en croire ici ma vue et mou oreille.
LE MARQUIS
Faites grâce à 1 amour.
belfort, à Emilie.
Excusez l'amitié.
le marquis, à Emilie.
D'un mari tout à vous, ma femme, ayez pitié.
c o .\ s r a n cf., à Emilie.
Mais leur ton me séduit ; je commence à les croire.
belfort, à Emilie.
Pour le bonheur commun...
le marquis, à Emilie.
Pour votre propre gloij Je meurs a vos genoux, si je ne vous fléchis,
Emilie, à part.
Mes sens sont , à-la-fois , révoltés et ravis.. . Je brûle de parler, et je ne puis rien dire... Mon orgueil est blessé; mais ma vertu respire.
LE MARQUIS
Aurois-je le bonheur de n'être point haï? Ah ! ne rougissez pas d'aimer votre mari.
EMILIE
Non, je n'en rougis plus; tout haut, je le publie Ce qu'a fait l'amitié , l'amour le ratifie. ( Belfort se relève. )
le marquis, se relevant aussi.
Tous mes vœux sont comblés par un aveu si doux ; De votre choix, enfin, je me vois votre époux; Et de ce seul instant, qui guérit mes alarmes, Je compte mon bonheur... je possède vos charmes
LAFLEiR, se relevant à son tour.
La victoire est à nous, et je suis triomphant
constance, à Emilie.
Ah ! ma joie est égale à mon étonnement.
BELFORT
Eh bien! vous le voyez, je suis libre, Constance. Je ne vous mentois pas. J'attends la préférence.