ÉLIANTE, LE BARON
Voilà ce qu'on appelle un Français.
LE BABOS.
Daignez, madame, ne pas les confondre tous avec lui; et soyez persuadée qu'il en est... Éliante, l'interrompant.
Je lésais, monsieur; je ne suis pas assez injuste ni assez déraisonnable pour ne pas sentir la différence qu'il y a entre vous et lui, et pour ne pas vous accorder toute l'estime que vous méritez.
le baron.
Oui, vous m'estimez, madame; et vous aimez le marquis.
Éliante, agitée.
Moi, j'aime le marquis! Qui vous l'a dit, monsieur?
LE BARON
Votre émotion, l'air même dont vous vous défendez.
ÉLIANTE
Non, je le méprise trop pour l'aimer.
LE BARON
Je m'y connois, madame; un pareil mépris n'est qu'un amour déguisé. Vous l'aimez d'autant plus que vous êtes fâchée de l'aimer.
ÉLIANTE
Eh ! que diriez-vous, si j'en épousois un autre?
LE BARON
Un autre? Que je serois heureux, si ce choix pouvoit me regarder! Vous ne sauriez vous venger plus noblement du marquis, ni faire en même temps le bonheur d'un homme dont vous soyez plus tendrement aimée.
ÉLIANTE
Monsieur le baron...
le baron, l'interrompant.
Sans me faire valoir, je possède un bien assez considérable, je sors d'une maison assez illustre, et j'ai pour vous des sentiments si distingués... Éliante, r interrompant à son tour.
Monsieur , la chose est assez sérieuse pour mériter une mûre réflexion. Je vous demande du temps pour y penser.