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Chefs-d'oeuvre dramatiques de Bruéys

David ArGusTi> de BRrÉvs naquit à Aix, en 1 640 , d'une famille anoblie par Louis XI en 1 48 1 . Son père étoit directeur de la œonnoic à Grenoble. Le jeune Bruéys fut élevé dans le calvinisme, religion de ses pères, et se livra avec ardeur d'abord à l'étude de la théologie, ensuite à celle du barreau. Reçu avocat au parlement d'Aix, il n'eut pas dans cette carrière tout le succès qu'il y avoit espéré, La passion qu'il conçut dans le même temps pour une demoiselle qu'il épousa malgré sa famille lui fit quitter sa ville natale pour se retirer à Montpellier, où il se livra de nouveau à la théologie. Bossuet ayant fait paroîîre son livre de \E,\position de la doctrine de l'Église , les ministres protestants choisirent Bruéys pour y répondre. Sa sincérité et son mérite réel frappèrent Bossuet, qui entreprit de le convertir, et y parvint. Bméys abjura le- calvinisme en 1 682 , et dès ce moment il publia plusieurs ouvrages en faveur de la reli.'iion romaine. Sa femme étant venue à mourir.

■x NOTICE SUR BRUEYS.

ii prit l'habit ecclésiastique, et reçut, en iG85.

la toDSure des mains de Rossuet.

Bruéys étoit fort lié avec Palaprat , son compatriote. Il logea même chez lui au Temple. De là vint cette société formée entre eux pour la composition d'ouvrages dramatiques. Il paroît i;ependanL que les meilleures pièces attribuées à cette association sont de Bruéys seul, qui, vu sa qualité do prêtre, n'osoit les faire jouer sous son nom. il écrivoit à Palaprat, vers 1 7 1 2 : « Une tendresse de père s'est réveillée , et je n'ai <i pu m'cmpécher de publier une vérité qui vous « est connue et à tout Paris; c'est que le Grondeur, u le Muet, rimporta/itj les Empirujues , sont vé- « ritablement mes enfants ; que vous avez bien «voulu prendre soin de leur éducation, les « produire dans le monde, les enrichir même « de vos biens , eî me faire Ihonncur de les « adopter. »

La première comédie à laqilelle travailla Bruévs, de société avec Palaprat, fut le Concert ridicule j pièce jouée pour la première fois le 14 septembre 1689. L'année suivante, les deux amis tiient jouer le Secret révélé , comédie en un acte, en prose, qui eut douze représentations.

Le 3 février 1691.. Brik'\s donna seul /<•

NOTICE SUR illlUÉYS. 3

Grondeur, comédie en trois actes, pour laquelle i'alapiat fit un prologue intitulé les Sifflets.

Le 22 juin de la même annéeparut /e il/t<ef, comédie en cinq actes, en prose, imitée de l Eunuque de Térence. Cette pièce, entièrement de Bruéys, fut jouée onze fois avec succès.

Le Sot toujours sot, composé d'abord en un acte, fut mis au théâtre le 3 juillet 1698; refaite en cinq actes , sous le titre de la Belle-Mère , il paroît que cette pièce ne fut pas jouée, mais qu'elle fut remise en trois actes, intitulée la Force du sang , et représentée le 21 avril 1725.

L'Important, comédie en cinq actes, en prose, autre production de Bruéys, à laquelle Palaprat n'a point en part, fut jouée pour la première fois le 16 décembre i6r,3, et n'a él«^ donnée que neuf fois.

Les Empiriques, comédie en trois actes, en prose, représentée le 43^^11" '^97 ? w'^'^t qu'un médiocre succès.

Bruéys ne se borna point au genre comique; il donna, le 14 mars 1699, une tragédie inlilu lée Gahinie , qui fut jouée dix fois. Elle est imitée d'une tragédie latine, imprimée cinquante ans auparavant, sous le titre de Suzanna.

L\îuocat Patelin , ancienne farce du siècle de Louis XII, a été arrangée pour la scène fran-

4 NOTICE SUR BRULYS.

çaise par Bruéys, et fut jouée le 4 juin 1706, sans grand succès ; mais depuis elle a été souvent revue avec plaisir.

La dernière pièce qu il ait fait représenter est r Opiniâtre y comédie qu'il avoit composée en cinq actes, et qu'il réduisit à trois sur la demande des comédiens. Elle ne fut jouée que huit fois.

On a encore de Bruéys plusieurs pièces imprimées dans ses œuvres, mais qui nont point été représentées : ce sont Jsba , tragédie ; Lisiinachus, tragédie; le Quiproquo, comédie en un acte, en prose; et les Embarras du derrière du Théâtre y en un acte, en prose.

Bruévs s'étoit retiré de nouveau cà Montpellier dès l'année 1697; il y mourut le 20 novembre 1723, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.

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