ACTE III, SCENE X. 2oy
commencer, et il y a des médecins qui en savent gue'rir.
LE "baron.
Oui ; mais je voudrois les consulter si secrètement que je ne publiasse pas la folie de mon fils. Ces sortes d'accidents déshonorent une maison.
FRO>TI >'
Oh! monsieur, j'ai ouï dire que les folies qui viennent de l'amour ne déshonorent personne : toutes les familles seroient déshonorées.
LE BARON
Je suis si connu de tous les médecins de Naples*
FRONT IN
Attendez, monsieur... Ilya depuis deux jours dans ce palais un des plus (jrauds hommes du monde pour la médecine.
LE BARON
Et qui;'
Diable! c'est un médecin français.
LE BARON
Eti ! si c'étoit un habile homme , seroit-il sorti de son pays? Les bons médecins y sont si rares.
FRONT IN
Peste ! c'est un député de la faculté de !Mûntpellier, qui va conférer avec l'école do Salerne sur quelques opinions nouvelles.
rS.
LE BARON
Et que vient-il donc faire ici?
FRO>TIN
Ce seroit une trop longue histoire à vous faire : suffit qu'il loge dans ce palais, et que je viens de lui parler tout-à-l'heure.
LE BARON
Et comment le connois-tu?
FRONTIN
Comme il est étranger, et que j'ai été en France, je lui ai rendu quelques bons offices.
LE BARON
Eh bien ?
FRONT IN
Si vous voulez, monsieur, tandis qu'on dîne chez la comtesse, je vais le prier de descendre dans cette salle, où je ferai venir votre fils. Je dirai au médecin que le chevalier n'a ni père ni mère ; il l'examinera sans le connoître.
LE BARON
Fort bien ; mais je veux y être présent.
FRONTIN
C'est ainsi que je l'entends.
LE BARON
Mais comment ferai-je? Je n'entends pas le français.