ACTE IV, SCÈNE III
me découvres, tu me donnes une mort certaine, tu exposes Frontin.
MARIKE.
Ah ! le fourbe !
LE CHEVALIEB.
Tu l'exposes aux plus violents effets du ressentiment de mon père : si tu ne me de'couvres pas, je te devrai toute la félicite' de ma vie. Aurois-tu l'inhumanité' de me perdre, et d'envelopper Zaïde dans ma disgrâce ? Zaïde, qui t'est chère ? Zaïde, qui est innocente, et de qui je n'ai pas attendu le consentement pour faire tout ce que j'ai fait? Yeux-tu que j'embrasse tes genoux? me veux-tu voir expirer à tes pieds ? me veux-tu voir les noyer de larmes?
M ARI> E
Levez-vous ; vous me faites pitié' : je suis naturellement tendre, je n'aurois pas la force de vous rendre plus malheureux.
Ma chère ÎNIarine !
Ce n'est rien de m' avoir gagnée, vous ne pouvez long-temps tromper la comtesse ; elle ne se doute déjà que trop de la vérité : c'est moi seule qui la combattoîs, et qui ne croyois pas Frontin
capable de me cacher quelque chose. Sotte que j'étois ! Mais il faut vite finir ceci. Çà, voyons, que pouvons-nous faire? Je veux entrer dans vos intérêts.
LE CHEVALIER
Ma chère Marine , que je te suis redevable ! Permets que, dans les premiers transports de ma reconnoissance , j'embrasse encore tes genoux.
MARINE
Que faites-vous ? malheureux ! Levez-vous , voici madame.