ACTE IV, SCENE VI. 2ii
TIMA>'TE.
11 est vrai , madame , qu'il est tout des plus laids; mais on n'en trouve pas facilement, et, dans l'envie où vous étiez d'en avoir un, je m.e résolus à vous envoyer ce vieux malheureux.
LA COMTESSE
Ce n'est pas ce qui m'en déplaît , Timante : il n'est que trop bien fait et trop jeune.
TIMANTE
Vous voulez me railler, madame , de mon mauvais choix ; mais je m'en justifie par la nécessité où j'étois de vous obéir promptement.
Mon Dieu! monsieur, ne continuez point une plaisanterie que vous avez faite hors de saison. Croyez-vous que je vous puisse facilement pardonner que, dans le temps que vous vouliez paroître agité d'une violente jalousie, vou^ ayez conservé assez de sang-froid pour me jouer un pareil tour, et m'envoyer un muet comme celuici ? A quel dessein l'avez-vous fait, Timante? Ne connoissez-vous point de quelle délicatesse je suis sur Zaïde ?
232 LE MUKT.