SCÈNE II
TIMAINTE, FRONTIN.
TIMASTE.
Ahî malheureux! falloit-ii avoir recours à cet expédient ? Si j'avois été' ici , je t'en aurais bien empêché.
F ROTIN
Oh ! monsieur, il n'y en avoit point d'autre à prendre pour vous empêcher d'être déshérité.
TIMANTE
Donner ce déplaisir à mon père !
FRONTIN
Monsieur, aux maux violents iî faut des remèdes de même.
Quelque rigueur que mon père exerce contre moi, je ne puis approuver qu'on lui ait causé ce chagrin, et je ne voudrois point, pour toutes choses au monde , qu'il pût croire que j'ai consenti à cette fourberie : s'il vient à savoir que tu en sois l'auteur, je tremble pour toi.
FRO>'TI>'
Allez, monsieur, il n'a garde de m'en soupçonner.
TIMA>-TE.
Tu te tromperas dans ton calcul.
FRONTIX.
Bon ! je suis à présent de son conseil secret.
TIM ANTE
Quelques précautions que l'on prenne pour soutenir un mensonge, la vérité se fait sentir, malgré qu'on en ait, et les fourberies les mieux concertées se démentent toujours par quelque endroit où l'on n'a pas pensé.
FRO^TIN
J'ai pourvu à tout.
TIMA?sTE.
Cependant je ne vois pas que ce que tu fais avance fort mes affaires auprès de la comtesse ?
FRO>TI>
Vos affaires ! puis-je mieux les avancer? et la
comtesse étoit-elle assez riche pour épouser au
homme dëshe'rite'?
Mais enfin comment obhger mon père à consentir à mon bonheur ?
FRO> TI>
Laissez seulement achever l'affaire du chevalier, nous trouverons après quelque invention pour la vôtre.
TIMA>TE.
Je ne veux point, au moins, me servir d'un mensonge.
FRO>TI>'
Et comment faire autrement? Un menteur est aussi ne'cessaire dans les mariages qu'un notaire. Y dit-on jamais, de part et d'autre, la vérité, et n'y fait-on pas au plus fin? Mais nous n'en sommes pas encore là. Rentrez chez la comtesse : je vais attendre ici que le capitaine eu sorte pour l'avertir de tout. Mais voici nos maudits vieillards qui m'en empêchent.
{^Timante s en va. )