ACTE 1, SCENE VI, 2q
M. GUILLAUME
Je vois les choses de loin.
M. PATELI>î.
Combien, monsieur Guillaume, me ferez-vous payer de l'aune de ce drap ?
>i. G\: i LL XV Mr. ^ regardant la marque.
Voyons... Un autre en paieroit , ma foi, six écus ; mais allons... je vous le baillerai à cinq écus.
M. PATELîy.
Le juif! (rt M. Guillaume. ) Cela esl trop honnête ! Six fois cinq e'cus, ce sera justement...
Trente écus.
M. PATEL1>'.
Oui, trente écus : le compte est bon. . . Parbleu ' pour renouveler connoissance, il faut que nous mangions demain à dîner une oie dont un plaideur m'a fait présent.
M. GUILLAUME
Une oie ! je les aime fort.
M. PATELIX.
Tant mieux. Touchez la ; à demain à diner.Ma femme les apprête à miracle !... Par ma foi, il me tarde qu'elle me voie sur le corps un habit de ce drap. Croyez-vous cjut-n le prenant demain matin il soit fait à dîner ?
M. GUILLAUME
Si VOUS ne donnez du temps au tailleur, il vdu$ le gâtera.
M. PATELIN
Ce seroit grand dommage.
M. GUILLAUME
Faites mieux. Vous avez, dites-vous , l'argent tout ]»rét?
M. PATELIN
Sans cela je n'y songerois pas.
M. G U ILLAUME.
Je vais vous le faire porter chez vous par un de mes garçons. Il nie souvient qu'il y en a là de coupé justement ce qu'il vous en faut.
M . p A T E L 1 N , p renan t le drap .
Cela est heureux 1
M. (JUILLAUME-
Attendez. Il faut auparavant que je l'aune en votre présence.
M. PATELIN
Bon ! est-<;e que je ne me fie pas à vous?
M. GUILLAUME
Donncz,dnnnez; je vais le faire porter, et vous m'enverrez par le retour...
M . PATELIN, rinterrowpayxt.
Le retour... Non, non; ne détournez pas vos gens : je n'ai que doux pas à faire d'ici chez moi.