‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 202 sur 236 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

tueras jamais plus moutons qu'il ne t'en souvienne.

AGNELET

Eh ! mon doux maître , ne croyez pas les médisants,

■M. GUILLAUME

Les médisants, coquin! Ne t'ai-je pas trouvé de nuit tuant un mouton?

AGNELET

Par cette ame, c'étoit pour l'empêcher de mourir.

M. GUILLAUME

Le tuer, pour l'empêcher de mourir!

Oui, de la clavelée, à cause , ne vous déplaise, que quand ils mouriont de vilain mal, il faut les jeter; et on les tue avant qu'ils mouriont.

M. G CILL A UME.

Qu'ils mouriont! Le traître! Des moutons dont la laine me fait des draps d'Angleterre! que je vend^ cinq écus l'aune! Ote-toi d'ici, scélérat! Six-vingts moutons en un mois !

AGNELET

Ils gationt les autres , par ma fi.

M. GUILLAUME

Nous verrons cela domain devant monsieur le juge.

AGNELET

Eh! mon doux maître, contentez-vous de m'avoir assommé, comme vous voyez ; et accordons ensemble , si c'est votre bon plaisir.

M. GCILLAUME.

Mon bon plaisir est de te faire pendre, entendstu?

AGNELET

Le ciel vous donne joie !

{M. Guillaume rentre chez lui.)

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