‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 39 sur 236 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

M . G R I C H A R D , da n s le fon d ; HORTENSE , TÉRIGNAN, ARISÏE, CATAU.

noRTlïNSE, a Catau, apercevant M. Grichard. Ah ! voilà mon père : il auia peut-être entendu ce que nous venons tle dire?

CATAU

Lui? Eh! ne savez -vous pas que lorsque sa gronderie se chanj^e en ce noir chagrin où le voilà plongé il ne voit ni n'entend personne? Je gagerois qu'il ne s'est pas seulement aperçu que nous soyons ici.

ARISTE, a Téricinan.

Il faudroit le préparer à la visite de Clarice. Abordez-le , mon neveu.

(^Chacun à mesure qu'il parle s'éloigne de M. Grichard, qui est toujours au fond du théâtre. )

TÉRIG> A>'.

Je n'oserois.

ARISTE, (i Hortense.

Vous , Hortense ?

HORTENSE

Je tremble!

Toi donc, Catau*

5fi LE GRONDEUR.

CATAU

La peste!

ARISTE

Mais , d'où lui peut venir cette sombre mélancolie?

C A TAU

Il y a une heure qu'il n'a grondé personne. M. GRiCHARD,à purt^ Se promenant en colère.

C'est une chose étrange ! je ne trouve personne avec qui je puisse m'entretenir un seul moment, sans être obligé de me mettre en colère. Je suis bon père, mes enfants me désespèrent; bon maître, mes domestiques ne songent qu'à me chagriner; bon voisin, leurs chiens se déchaînent contre moi ; jusqu'à mes malades , témoin celui d'aujourd'hui, vous diriez qu'ils meurent exprès pour me faire enrager !

A R 1 s T £ , rt part.

Il faut que je l'aborde, (à M. Grichard.) Mon frère, je suis votre serviteur.

M. GRICHARD.

Serviteur.

ARISTE

D'où vient que vous êtes triste ?

M. GRICHARD.

Je ne sais.

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