‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 146 sur 207 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

HYPERMNESTRE,DANAUS.

HYPEUMNESTRE, enchaînée.

J'accours à vos genoux, seigneur. Qu'ai-je entendu? Est-ce un songe? est-il vrai que tout est suspendu? Est-il vrai que votre ame à demi désarmée Au cii de ma douleur cesse d'être Fermée? Quel secourable dieu, calmant votre courroux, Veut me rendre à-ia-fois mon père et mon époux?... Mais quoi! vous rappelez votre tille éperdue. Et de ses pleurs , hélas ! vous détonrnez la vue ! Pardonnez; je frémis, seigneur, en vous parlant: Le cœur des malheureux n'espère qu'en tremblant. Terminez-vous mes maux, délivrez-vous Lyncée?

Qu'oses-tu demander à mon ame offensée?

Moi révoquer l'arrêt! moi suspendre mes coups ! Non, non, il va périr, connois mieux mon courroux.

H VPERMNESTRE.

11 va périr! Eh bien! bravez donc ma prière, ittouffez les remords, et comblez ma misère; Sur un dernier proscrit étendez sans pitié Les étranges fureurs de votre inimitié; Et dans vos cruautés croyez ne pouvoir prendre D'espoir que dans sa mort, de paix que sur sa cendre. Mais vous qui menacez, cruel, tremblez pour vous. Vous brillez de verser le sang de mon époux :

lyS IlYPErxMNESTlu:.

Voyez votre tlunger en oidonnant qu'il m."ure. Vous me l'avez donné, je le perds, je le pleine; Tout malheureux qu'il est , sans espoir, sans appui, Peut-être votre sort dépend encor de lui : Craignez de l'immoler dans Argos attendrie ; Craignez de soulever tout un |)euple en furie. Je dois vous avertir, et lui ijarder ma foi ; Lyncée est mon éjioux, Lyncée est tout pour moi. Vous n'êtes plus mon roi , vous n'êtes plus mon père ; Vous-même en abjurez le sacré caractère, Et, livrée aux fureurs qu'ici vous exercez. Si je sors du respect, c'est vous qui m'y forcez. ( On entend un- hniit de sédition. ) D A N A i; s.

Qu'entends-je? ciel! quel bruit! quel tumulte ! Perfide, C'est toi, c'est ta fureur qui les arme et les guide.

HYPERMNESTRE

Quels coups vont éclater?

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