SCÈNE IV
HÉCUBE, ANDROMAQUE, CASSANDRE, IPlllS.
H É C rj B E.
Me voici parvenue au comble de mes maux; Cassatidre avec transport va quitter sa famille. Je suis donc le supplice et l'horreur de ma fille! Votre joie importune est un reproche amer. Dont Hécube après tout n'oseroit vous blâmer.
CASSANDRE
C'est mon amour pour vous qui fait naître ma joie. L'indomptable destin à mes yeux se déploie;
s4 LES TROYENNES.
Voici l'heureux niomeiit où m'inspire Apollon. Mes yeux vonl ilécider du sort trAjjaineninoii ; Je vais venger les fers et les pleurs de ma mère.
Dévoilez à mes yeux cet étonnant mystère.
CASSA NDKE.
Il veut que dans Argos je couronne sa foi... II Éc u BE.
Quel amant! quel époux!
CASSA N DR E
Ah ! calmez votre effroi.
Sous l'appareil hrilJant de mes noces perfides , Je vais ensevelir la maison des Atrides. Hélène a fait de Troie un abîme de maux , De carnage et de sang je vais remplir Argos; Et l'amour , au sortir des ruines de Troie, Me suit pour s'assurer d'une nouvelle proie. Au bruit de mon hymen , la honte et la fureur Vont saisir Clytemnestre et déchirer son cœur. A ses cris menaçants, vole, jalouse rage , Et conduis sur tes pas les larmes , le carnage. Le fer, la soif du sang, les rapides transports. Dans son anie orgueilleuse étouffe les remords.... Pour qui sont ces réseaux que sa rage prépare? Et d'où vient qu'elle aiguise une hache barbare? La voyez-vous porter d'inévitables coups? Entendez-vous les cris que jette son époux? Voyez-vous dans son sang se rouler la victime? C'en est fait, Clytemnestre a consommé son crime. Ton sort , Idoméuée, est encor plus affreux,