ACTE II, SCÈNE III
J'abandonne le soin au sage et brave Alcée, Et cherche avec effort la trace de tes pas Dans des antres voisins des portes du trépas. Près de ces murs sanglants le jour vient nie surprendre ; J'allois, pour tout tenter, vers mou vaisseau me rendre, Quand tout un peuple accourt, et vient m'eiivelopper ; Je m'arme avec fureur, je crois le dis>iper; Mais le nombre m'accable, et je deviens la proie De ces monstres remplis de terreur et de joie; Us me traînent en foule, et d'un commun transport. Devant leur chef tremblant, qui m'envoie ù la mort... Mais quels profonds sanglots !...
OR ESTE
Dans quel gouffre d'alarmes Heplongez-vous mes sens, dieux, témoins de mes larmes! Quel est mon sort! Faut-il toujours me reprocher Le malheur de tous ceux qui m'osent approcher!...
( se tournant vers Pylade. ) Ah! falloit-il, quittant le trône et la l'hocide, T'associer sans honte au sort d'un parricide? Et ne devois-tu pas, à l'exemple des dieux. Abandonner un monstre à lui-même odieux?
PYLADE
l'ylade, 6 ciel! Pylade abandonner Oi'csle! Quel langage accablant pour l'ami qui te reste!
ORESTK, fioidix.
Effroyable ascendant d'un pouvoir ennemi! J'ai donc assassiné ma mère et mon ami ! Ciel exterminateur, anéantis mon être, Anéantis le jour, le lieu qui m'a vu naiirc...
Mais quel vide effrayant se forme sous mes pas!
Grâces au ciel, je vois les gouffres du trépas...
Dans leur profonde nuit courons cacher mes crimes...
Mais quel spectre se meut au fond de ces aliymes?
C'est ma mère, grands dieux!... Fuyons... Mais la voici...
Égisthe l'accompagne... et toi , Pylade, aussi!
Comme eu.x, tu me poursuis, toi, mon dieu tutélaireî
Tu sers de mes bourreaux l'implacable colère!
L'ami qui me restoit devient mon assassin!
Il s'arme de serpents, il les jette en mon sein!
Ciel! où fuirai-je? Arrête, ombre chère et terrilile...
Vois mes remords, mes pleurs, mon désespoir horrible...
.\h ! je succombe...
( // tombe dans les bras de Pj'ltide. )
PYLADE
O ciel! et ne me vois-tu pas Te soutenir, ami, te serrer dans mes bras?...
o R E s T E , revenant à lui.
C'est toi !
PYLADE
Vois ton ami, que ta Fureur offense...
Barbare, voilà donc l'effet de ma piésence! Si tu n'étois encor ])lus digne de pitié. Quels reproches amers te ferort l'amitié?
ORESTE
Excuse un malheureux étonné de lui-même. Mais peux-tu le blâmer? il perd tout ce qu'il aime.