ACTE 1, SCENE IV. ii
CASSA N DUE
Jlélas !
a É CUBE.
Et pourquoi donc pleurez-vous une mère A qui vous ne devez que haine et que colère? De votre amour pour moi j'ai rompu les liens; .l'ai causé vos malheurs, et vous pleurez les miens.
Madame, de l'erreur qui vous avoit séduite l'ouviez-vous de si loin apercevoir la suite? Vos tendresses pour nous n'éclatèrent pas moins.
IlÉCUBE.
Oui, vous étiez l'objet de mes plus tendres soins; Qiioiqu'aux vœux de mes fils je me lusse asservie, Pour chacune de vous j'aurois donné ma vie, Il est vrai : mais malgré mon amitié pour vous, Ou'auriez-vous craint de plus d'un barbare courroux? Voyez l'état horrible où je vous abandonne! Un rempart éternel vous sépare du trône ; A de superbes lois notre empire est soumis ; Vous vnici sous la main de vos tiers ennemis.
(à ^stjanax. ) Et toi, fils malheureux du plus vaillant des hommes, Maintenant insensible à l'état où nous sommes, Combien gémiras-tu (juand l'âge et la raison T'auront développé le sort de ta maison? Dieux, épuisez sur moi toute votre colère; N'ajoutez point sa mort aux malheurs de sa mèrej De son sang racheté que le mieu soit le prix : 11 u'a point eu de part au crime de Pâiis.
THESTOR.
Non, ces cruels vainqueurs, dont vous craignez la rage, Ont respecté ses jours dan l'horreur du carnage; Rassasiés de sang, vont-ils s'y replonger?