SCÈNE I
IPHIGÉNIE, EUMENE.
IPHIGÉNIE
L'esclave ne vient point. O mortelles alarmes! Mes yeux, sans le vouloir, se remplissent de larmes... Qu'est devenu le Grec si cher à ma douleur? Est-il environné de mon propre malheur?... Faut-il encor languir dans les tourments du doute, En proie à tous les maux que mon ame redoute?... Cruels ilëlais! Combien tout sert à confirmer Les noirs pressentiments qui viennent m'alarmer! O ciel! encoure-t-on ta haine rigoureuse. Pour tendre à l'innocence une main généreuse? Lorsque j'ai dû te plaire, ai-je pu t'irriter? Et me puniras-tu de t'oser imiter?
euméne.
Pourquoi vous effrayer de quelque vain obstacle?
1 PH lOÉM E.
Le trouble de mon cœur m'est un fidèle oracle.
EU MÈNE
Aux maux que vous craignez que sert de vous livrer^ Que sert, avant le temps, de vous désespérer'
IPHIGENIE EN TAURIDE. ii5
I P II I G É iM E.
Va , j'ai comblé l'horreur du destin qui m'opprime; J'ai fait des malheureux... peut-être par un crime!
EU .MÈNE
Calmez de vos frayeurs l'inutile transport. Et d'Ismënie, au moins, atteudez le rapport. Je 1 apei-çois.