‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 88 sur 207 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

I r H 1 G É N I E , EU M E N E.

C'en est donc fait! il faut renoncer ])Our toujours

Au trop crédule espoir qui prolongeoit mes jours.

Jaloux des soins sanglants que sa rigueur m'impose,

Le ciel impitoyable à mon retour s'oppose...

Argos a disparu pour moi de l'univers...

Ces lieux seront toujours de mes larmes couverts!

Ah! puisque sans espoir, en esclave asservie,

J'y dois traîner le poids d'une mourante vie,

Au moins contentons-nous. Voyons l'autre étranger;

-^iir mes tristes destins osons l'interroger:

C'est le dernier des Grecs que m'offriront sans doute

ii8 IPHIGENIE EN TAURIDE.

Ces bords nuavec horreur riiuinanitë redoute;

Il faut en profiter.

EU MENE

Eh ! quel funeste bien Attend votre douleur d'un si triste entretien? Voulez-vous renoncer an devoir de prêtresse? Voulez-vous, de vos sens moins que jamais maîtresse, Ranimant la pitié qu'il vous faut étouffer, Céder à ses transports, au lieu d'en triompher?

IPHIGÉNl E.

Les dieux, en reprenant leur première victime,

Ne m'apprennent que trop mon devoir et mon crime.

EU ME NE

Ne voyez donc ce Grec, madame, qu'à l'autel, Le front déjà baissé sous le couteau mortel.

IPHIGENIE.

Quel qu'en soit le péril , je ne peu\ m'en défendre;

Sers ma douleur, je veux absolument l'entendre,

Et voir enfin par lui détruit ou confirmé

Le doute affreux qui tient mon esprit alarmé.

Mais ne redoute rien à mon devoir contraire;

Je promets tout son sang aux mânes de mon frère;

Sous le couteau fatal tu le verras couler.

Dans mon triste transport dût le mien s'y mêler.

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