SCÈNE III
tragédies. Mais, fi donc îunefeinme ne suit decc spectacle que les yeux gros de larmes et le cœur de soupirs. J'ai vu même quelquefois qu'il me restoit sur le visage et dans l'ame une empreinte de tristesse que toute la vivacité du plus joli souper ne pouvoir éclaircir. Et qu'est-ce que tout cela , s'il vous plaît ? un tintamarre d'incidents impossibles, des reconnoissances que l'on devine, des princesses qui se passionnent si vertueusement pour des he'ros que l'on poignarde quand on n'en sait plus que faire ; un assemblage de maximes que tout le monde sait , et que personne ne croit : des injures contre les grands, et parci par-là quelques imprécations. En vérité, cela vaut bien la peine d'avoir les yeux battus et le teint flétri.
LISIDOR.
Mais , madame, il est des personnes...
AK.iMINTE.
Eh! vive l'opéra comique, monsieur, vive l'opéra comique! Le théâtre Italien est à mon gré le vrai spectacle de la nation ; il n'intéresse point l'ame, il n'attache point l'esprit; il éveille, il anime , il égaie , il enlève.
LISIDOR.
J'ai peine à concevoir comment des pièces en général aussi peu soignées...
ARAMINTE
Mais ne donnez donc pas dans l'erreur commune; n'imaginez donc pas que ce soit le'genre des pièces qui nous y attire : est-ce qu'on y prend garde? Ehnon! monsieur; c'est la musique, c'est cette musique brillante qu'il est du bon ton de trouver sublime; pour les pièces, il y en a que jai vues dix fois, dont je serois fort embarrassée de vous dire le titre ; et pour moi, je fais personnellement si peu de cas des paroles , que j'ai toujours chez moi un poëte prêt à me parodier les airs qu'il me prend fantaisie de chanter... A propos , on me conseille de vendre ma terre en Champagne: vous la connoissez, nous en raisonnerons ; je placerai cet argent sur ma tête et sur celle de ma fille; cela m'arrangera, ainsi que le marquis, dont l'unique désir est d'augmenter son revenu.
LISIDOR
Ainsi, malgré l'espoir que vous m'avez jiermis, il est décidé que le marquis...
AR A MINTE.
Oui, je lui donne Lucile... ,et vous ne devez pas m'en vouloir.... Je sais bien quelles ctoient vos vues ; mais il y a dans ce dernier arrangement une sorte de convenance Vous tenez à votre état , il est triste; je le suis naturellemeni, et
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j'ai besoin d'un gendre qui m'égaie. Au reste, je ne réponds point des événements.