LE BARON, LISIDOR, ARAMINTE, CIDALISE, ISMÈNE
LE BARON
Oh çà, ma chère Araminte, voici le moment décisif. Je viens vous demander Lucile pour monsieur Lisidor. Elle l'aime , il le mérite ; et je vous déclare que je me brouille à jamais...
AKAMINTE.
Vousairivez très à propos, monsieur; j'avois à vous dire qu'il ne tient plus qu'à vous d'être mon gendre.
LISlDOli.
Qu'entends-je ? quel bonheur !
LE CAIiON.
Et votre marquis...?
ARAMINTE
De grâce, mon cher baron, ne m obligez point à rougir à vos yeux de ma ridicule prévention en sa faveur. Il m'a rendu service, en m' apprenant ce que je devois penser de tous les gens de son espère. Soyez heureux, Lisidor.Vous, mes bonnes amies , obligez-moi de ne parler jamais de cette aventure. Vous, baron, après le souper, je vous demande un moment de conversation. Vous ver-
3iG LE CERCLE,
rez que mes vues peuvent sympathiser avec les vôtres, et que, tout aveuglé que vous croyez mon cœur par le tourbillon du monde, il peut encore être éclairé par les conseils d'un homme estimable.
LE BARON
Je n'en doutai jamais, ma chère Araminte; je crois vous deviner, et j'en suis enchanté. Oui, j'ai aussi mes idées. Assurons le bonheur de votre fille. Songeons au nôtre, et terminons par un arrangement solide et raisonnable tous ces petits événements, qui sont le vrai tableau d'une soirée a la mode.