I .MONTALDE
Entendez-vous ces cris , ( ;e choc tumultueux d'armes et de débris? , Caliste... son malheur m'arrache encor des larmes !
Ali ! si vous l'aviez vue , au milieu des alarmes. Embrasser les autels pour l'hymen préparés, Frapper, meurtrir son sein... L'ncile, vous pleurez! Oui, pleurez... Voyez-la, victime involontaire. Aux j;euonx d'Altamonl , aux genoux de son pèri; ,
'4 CALI.STE.
Loin d'oser prononcer de coupables st-rnieuts, ÎVe pousser que sanglots, qiie longs gémissements. Du torrent de ses pleurs leurs mains sont arrosées. Du temple cependant les portes sont brisées : Lothario paroit suivi de ses vengeurs , De ces mêmes brigands vendus à ses fureurs ; Il se fait jour, il entre au fond du sanctuaire. Mon criminel ami, d'une main sanguinaire. Saisit Caliste aux yeux du pontife eu courroux. Que d'affreuses clameurs ! que d'effroyables coups ! Sciolto qui sans doute avoit prévu l'orage. Menace, et donne enfin le signal du carnage. Des autres du trépas , de ces noirs souterrains Où la mort sous le marbre enferme les humains , Soulevant tout-à-coup ces tombes révérées , Sortent des légions au combat préparées. Figurez-vous Caliste au milieu des poignards , Le front pâle , l'œil sombre et les cheveux épars , Courir et s'élancer, se jeter pour barrière Entre Lothario, son époux et son père, Retenir tour-à-tour leurs bras ensanglantés. S'écrier en pleurant : « Arrêtez! arrêtez! « C'est Caliste, c'est moi qu'il faut qu'on sacrifie , " Moi qui vous trahis tous , qui déteste la vie ! » Ou répond à ces cris par ces cris différents : Vive la libeiité! péhisse-nt les tyrans ! Frégose alors, Frégose, en prêtre sacrilège , Vient souiller du lieu saint l'auguste privilège. Le beau-père , le gendre et son cruel rival , Gène entière combat dansrc moment fatal.
ACl'E IV, SCENE 11. 5.ï