‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 40 sur 201 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

T)e ces murs ccroulés que la chute m'écrase ! <) ma fille!... ce nom ne fait plus naître eu moi <^ue d'affreux sentiments de douleur et d'effrui. Lâche, tu m'as rendu le plus malheureux j)ère.

LOTHARIO

L'un et l'autre étouffons une aveugle colère : .^aus m'excuser ici sur ta propre fureur, .le m'offre à réparer mon crime et ton malheur. Ah! du moins, prends pitié de ta fille expirante : Qu'un lien plus heureux...

SCIOLTO

Quoi! ta bouche insolente Ose attester des droits acquis par des forfaits! Va, tu peux me haïr autant que je te hais. Ce cœur sait mieux que toi ce que l'honneur commande Ce n'est point ton hymen que ma gloire demande , C'est ta mort; entre nous il n'est que ce traité. .Si la loi des tyrans , si la nécessité , Kntraùioit aux autels ma fille infortunée , N'en doute point , cruel , ma main déterminée, .Sur le marbre du temple orné pour vous unir, Immoleroit Caliste, et sauroit t'en punir. Va, l'honneur offensé ne \eut que des victimes.

LOTHARIO

N'impute donc qu'à toi ton opprobre et mes crimes. J'allois finir tes maux, et je vais les combler : Tu demandes du sang , et le sang va couler. Que dis-je? Je connois ton orgueil inflexible; Lui seul en ces instants rend toname insensible. Eh bien ! pour te punir il faut t'humilier :

J'avi-is caché ta honte, il faut la publier; Je veux que mon rival de tes bieufaits rougisse , Et qu'immolé pour toi lui-même te maudisse.

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