SCÈNE VI
SCIOLTO; ALTAMONT, entrant l'épée à la main; CALISTE, LUCILE.
ALTAMONT
Nature, amour, honneur, enfin tout est \engé.
CAHSTE.
O ciel ! Lothario. . .
ALTAMONT
Je triomphe , il expire.
Ah ! de quels attentats sa voix vient de m instruire? Ma trop juste fureur le cherchoit dans ces lieux. Je l'aperçois... le crime étoit peint dans ses yeux. Je fonds sur le perfide, et lui-même il s'élance. J'ai plongé dans son sein le fer de la vengeance. Il ne lui reste plus , dans les bras de la mort. Que le poids des forfaits, et l'horreur du remord. sciOLTO, regardant Caliste, et voulant pénétrer ie* sentiments.
Tu pleures ! tu le plains!
CALISTE
Vous observez mes larmes , barbares... Laissez-moi me saisir de ces armes. { Elle se jette sur l'épée dAltamont, qui s'oppose à ses efforts. ) \li ! finissez les maux à mes jours attadiés : Je l'aimois.
se CALISTE.
SCIOLTO
Quel aveu !
c'est vous qui l'arrachez.
N'en doutez point , cruels ; sans votre tyrannie , Sans l'hymen dont j'ai dû craindre l'ignominie, Mon malheureux amour, combattu par l'honneur, Alloit s'anéantir au sein de ma douleur. L'ombre de la retraite environnoit ma vie, Dans son obscurité vous m'avez poursuivie. On m'a rendue au jour, et mes yeux effrayés r<'ont vu qu'un vaste abyme entrouvert sous mes pieds. A l'opprobre, aux affronts j'ai préféré le crime. J'ai trahi vos desseins... frappez votre victime. Sachez , s'ikfaut encore exciter vos fureurs , Qu'à Lothario seul je donne ici des pleurs. Il nest plus : soit amour, soit la honte de vivre, Daus la nuit du tombeau Caliste veut le suivre.
( Elle sort. )
SCIOLTO
Oui, sans doute, et c'est là que je dois vous unir. Mais il faut disposer ton cœur au repentir. Va , j'en sais un moyen.
ACTK IV, SCENK Vil. T,;