‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 48 sur 201 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Oui , je n'aspire plus qu'au moment de périr ; Mais quelle solitude enferme la victime ? Hélas ! le remords seul accompagne le crime ! Le plus vil des humains , au terme de ses jours , Voit d'autres malheureux lui prêter des secours ; l''.t moi seule en ces murs , tremblante et consternée De l'univers entier je meurs abandonnée. Le souffle de uia vie est prêt à s'exhaler :

76 GALISTE.

( regardant le tombeau de Lotliariu) Et c'est sur ce tombeau que mon sang doit couler ! L'autel est , après tout , digne du sacrifice. Non, non ; la mort pour moi ne peut être un supplice.

{Elle prend la coupe.) Que sais-je ? En préparant ces poisons destructeurs. Peut-être que mon père y mêla quelques pleurs? Ah ! cette douce idée affermit mon courage.

( Elle boit le poison , et après un silence : ) C'en est fait , et la mort est enfin mon partage. Déjà d'un voile épais mes yeux sont obscurcis. Où vais-je ? Où reposer mes pas appesantis ? Où me traîner?... Je cède... et ma force succombe. [En s'érjarant, elle est arrivée au pied du tombeau, oii

elle se précipite. ) Mais où suis-je... Ah, grands dieux ! au pied de cette tombe '. Infortuné mortel , que je n'ose nommer.

Dont j'ai plaint le trépas... que mon cœur put aimer , Au fond de ton cercueil tu triomphes encore : Plus coupable que moi, c'est toi que je déplore.

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