‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 81 sur 201 · LE PÈRE DE FAMILLE, SOPHIE, MADAME HÉBERT · texte numérisé non relu

LE PÈRE DE FAMILLE, SOPHIE, MADAME HÉBERT

LE PÈRE DE FAMILLE, apercevant Soph'ie , h part, (fuii ton triste, et avec l'air étonné. Il ne m'a point trompé. Quels charmes ! Quelle modestie! Quelle douceur!... Ah!...

jjme HÉBERT.

Monsieur, nous nous rendons à vos ordres.

LE PÈRE DE FAMILLE, h Sophic.

C'est vous, mademoiselle, qui vous appelez Sophie ?

SOPHIE, tremblante, troublée.

Oui, monsieur.

LE PÈRE DE FAMILLE, à madame Hébert.

Madame, jaurois un mot r, dire à mademoiselle : j'en ai entendu parler, et je m'y intéresse. ( Madame Hébert s'éloigne.') SOPHIE, toujours tremblante , la retenant par le bras.

Madame!

LE PÈRE DE FAMILLE

Mademoiselle, remettez-vous. Je ne vous dirai rien qui puisse vous faire de la peine.

ii6 I.E PERE DE FAMILLE.

SOPHIE

Ilelas!

( Madame Hébert va s'asxeoir sur le fond de la

salle, tire son ouvrage et travaille.

LE PÈRE DE FAMILLE Conduit Sophie n une chaise, et la fait asseoir à côté de lui. D'où étes-vons, mademoiselle?

SOPHIE

Je suis d'une petite ville de province.

Y a-t-il long-temps que vous êtes à Paris ?

SOPHIE

Pas long-temps ; et plût au ciel que je n'y fusse jamais venue!

LE PÈRE DE FAMILLE

Qu'y faites-vous?

SOPHIE

J'y gagne ma vie par mon travail.

LE PÈRE DE FAMILLE

Vous êtes bien jeune.

SOPHIE

J'en aurai plus long-temps à souffrir.

LE PÈRE DE FAMILLE

Avez-vous monsieur votre père?

SOPHIE

Non, monsieur.

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