‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 178 sur 231 · ACTE I, .SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, .SCÈNE IV

Préparer mon bonheur, l'attendre, le connoitre. Combattre des refus et vaincre pas à pas. Je suis aimé d'Elmire et tout obstacle cesse; Ah! que mon cœur encor ne s'est-il déguisé? Ou véritable, ou feinte , à présent sa tendresse

Ne m'offre qu'un triomphe aisé , Qui n'a rien de piquant pour ma délicatesse.

os MIN.

Nous y voilà. Peut-on vous résister long-temps?

Pour un monarque est-il des cœurs rebelles? Dans ce pays sur-tout, il n'est point de cruelles :

On connoît le prix des instants.

Je vous l'ai déjà dit , toutes femmes sont femmes : Croyons-en Mahomet, notre législateur; La nature prudente imprime dans leurs âmes

La complaisance , la douceur.

Eh ! pourquoi voulons-nous, injustes que nous sommes. Exiger des efforts qui passent leur pouvoir? Tous ces êtres, créés pour le bonheur des hommes, Sont tendres par état, et foibles par devoir;

Une résistance infinie Violeroit les lois de l'harmonie, Détruiroit les accords de la société :

Pour l'intérêt commun, tout est bien ajusté.

Autant vaut Elmire qu'une autre :

Céder est son destin , triompher est le vôtre.

SOLIMA.N.

Mou cœur se rend à ses attraits ; Mais quoi! ne vcrrai-je jamais Que de ces femmes complaisantes.

De ces machines caressantes?

Je dois me préparer encore à des langueurs,

A des louanges, des fadeurs.

Des ennuis où l'ame succombe !

Ah! si tu vois que je retombe Dans cet état cruel oii l'amour s'assoupit , ÎS'e m'abandonne pas à moi-même. ^

G s MIN.

Il suffit.

Mon art vous sera favorable : Des danses, des chansons, les plaisirs de la table. Pourront, dans ces moments, égayer votre esprit.

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