‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 22 sur 231 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

M. DUPUIS, d'un ton attendri.

Ah ! ce n'est point sans une peine extrême Que je suspends, que j'éloigne l'hymen

De ces deux cliers enfants que j'aime !...

[ctun ton ferme. ) Mais tout me prouve , à l'examen , La vérité de mon système; Et mon expérience même M'a trop fait, par malheur, conuoltre les humains ! {cCun ton plus vif et plus ferme encore. ) A cet hymen si je donnois les mains.

Abandonné dans ma vieillesse , Réduit à cet état, dont j'ai cent fois frémi.

Je vivrois seul, et uiourrois de tristesse De perdre eu même temps mu fille et mon ami...

3o DUPUIS ET DES RONAlS.

C'est cette juste défiance,

Que je renferme dans mon sein ,

Dont j'épargne à leurs cœurs la triste connoissance ,

Qui ne feroit qu'augmenter leur chagrin...

Et pour donner, en apparence ,

Quelque motif à mes délais , Sur ses exploits galants j'attaque Des Rouais. Ce n'est qu'un voile adroit pour couvrir le mystère

Que de mon secret je leur fais...

Mais, finissons avec notre notaire;

Nous songerons au reste après...

D'abord gagnons du temps. Ma fille et Des Ronais Auront beau m'accuser d'une injustice extrême. Je ne dois point , aux dépens de mon cœur ,

Pour faire plus tôt leur bonheur.

Me rendre malheureux moi-même.

FIN DU PREMIER ACTE

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