ACTE I, SCENE H
LE PREMIER OFFICIER, au viarquis.
Oh! oui, il assure que c'est un cerf dix-cors. Oh! il vous conduira loin! Que sait-on? peutêtre jusqu'à Rosni, [d'une voix basse et cTun air de mystère, au duc de Bellegarde.^ où l'on dit que monsieur de Sulli est exile d'hier au soir. LE DEUXIÈME OFFICIER, d'un air important. Non; il n'est parti que de ce matin, (^au duc.) La nouvelle est-elle vraie, monsieur le duc? LE DUC DE BELLEGÂRDE, avec indignation.
Eh! fi donc! eh! non, messieurs, il n'y en a point de plus fausse.
LE MARQUIS DE coNCHixi, aux deux ofjiciers. Et qui ait moins d'apparence. Je viens de le voir entrer au conseil avec le roi. LE PREMIER OFFICIER, d'un air d'humcur.
J'aimerois bien mieux qu il fût entré dans son exil; il ne continueroit pas là ses injustices, qu'il appelle des économies royales.
LE DEUXIÈME OFFICIER, au marquis.
Cela est vrai; car, tout récemment encore, il vient de nous supprimer de nos droits ; et sûrement c'est pour en profiter lui-même. Je suis bien certain qu'il ne revient rien au roi de ces retranchements-là.
LE DUC DE CE L LEO A a DE, c/'uu fo?i (T e?i zm^^oser. Doucement , messieurs , doucement ; parlez
86 LA PARTIE DE CHASvSF. PC HENRI IV .
avec plus de retenue et de respect d'un si (jianil
ministre.
LE MARQUIS DE cocHiM. rty.v (ieiix officiers.
Messieurs, raonsieiu- le duc de Reile^arde a raison ; il ne faut jamais dire du mal des cens eu jT^ace... {h part. ) taut qu'ils y sont. LE nue p E B E L L E G A R D E . aux (îeux officiers.
Allûos, allons, messieurs, laissez-nous.
{Les deux officiers se retirent dans la pièce du
fond, où ih restent jusqu'à la fin de l'acte.)