ACTE II, SCENE V
mine à revenir, c'est une lettre qu'après cela j'ai reçue d'Agathe. La perfide m'e'crit qu'elle ne m'aime plus.
LUCAS
Air vous avoit déjà écrit?
RICHARD, très vivement.
Oui, LucaS; Elle m'a écrit qu'elle ne m'aimoit plus, elleî... elle!... Ah! sans doute cet infâme séducteur, soit par force, soit par adresse, est parvenu à s'en faire aimer lui-même. Elle aura été éblouie par la grandeur imposante de ce vil seigneur étranger.
Quoi! air l'aime? vrai?
RICHARD, fltfec transport.
Oui, elle l'aime; elle ne m'aime plus... Ma rage !... Mais calmons ces transports, qui ne font qu'irriter mes maux.... Oublions -la.... Je ne la veux voir de ma vie.
LUCAS
Oh! vous ferez très bian. AU' est ici c'tapendant.
RICHARD, très vivement.
Elle est ici? elle est ici?
LUCAS
Oui, air est ici de tout à c'theure. Ail' m'est déjà venue mentir sur tout ça, la petite fourbe !
122 LA PARTIE DE CHASSE DE HENRI IV. et pour se justifier, ce dit-elle, ail' m'a même baillé pour vous eune lettre, que j'ons là. RICHARD, encore plus vivement.
Quoi! tu as une lettre d'elle, et pour moi? Donne donc.
LUCAS, lui montrant la lettre sans la lui donner.
Tenais , la v'ià ; mais , croyais-moi , de'chironsla sans la lire. Gnia que des faussetés là-dedans. RICHARD, la lui arrachant.
Eh! donne toujours... (à part.) Quelle est ma foiblesse!... [a Lucas.) Tu as raison, Lucas, je ne devrois pas la lire... Mon plus grand tourment est de sentir que j'adore encore Agathe plus que jamais.
C'est bian adoré à vous. {Richard ouvre la lettre et se met h la lire bas.) Mais, lisais donc tout haut, que je voyions c' qu'ail' chante. RICHARD, lisaiit la lettre haut., d'une voix altérée j et le cœur palpitant.
Très volontiers. (// lit.)
«Le lundi, à six heures du matin.
«N'ajoutez aucune foi, mon cher Richard, à
«l'affreuse lettre que vous avez sans doute reçue
«de moi; c'est le valet de chambre du marquis
' « de Conchini , ce vilain Fabricio , qui m'a forcée