‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 80 sur 231 · ACTE II, SCÈNE V. ia · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V. ia

six semaines cheux ce seigneur, qu'est-ce qui le croira? Faut qu'alF le prouve paravant que vous puissiais la revoir avec honneur. Voudriais-vous, en la revoyant avant qu'ail' soit justifiée, courir les risques de vous laisser encore ensorceler par elle, et qu'ail' vous conduisisse à l'épouser? C'est ce qui vous arriveroit, da, et ce qui seroit biau, n'est-ce pas?

RICHARD, très tristement.

Oui, tu as raison, Lucas ; je ne dois pas m' exposer à la voir. Je sens trop bien la pente que j'ai à me faire illusion. Mais allons chez toi, mon cher ami : j'y veux passer une heure ou deux pour calmer mes sens et me remettre un peu. (//est tout-à-fait nuit.) (tendrement, à part.) Ne portons point chez mon père, et au sein de ma famille, les apparences, du moins, du chagrin qui me dévore.

LUCAS

Oui,v'nais-vous-en cheux nous. Aussibian v'ià la nuit close, et c'te forêt, comme vous savais, n'est pas sûre à ces heures-ci. Ignia tant de braconniers et de voleurs ; c'est tout un. (Entendant du bruit.) Tenais, tenais, il me semble que j'en entends déjà quelques-uns dans ces taillis. RICHARD, écoutant et soupirant.

Oui , allons, mon ami. Nous parlerons chez toi

de ton mariage avec ma sœur Catau. Puisque le mien ne peut pas se faire, je veux presser mon père Je finir le tien. Il n'est pas juste que tu souffres de mon malheur. Ce seroit un chagrin de plus pour moi.

(lisse retirent ensemble.)

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