‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 85 sur 231 · ACTE II, SCENE VIII. i3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII. i3i

tendant! cela est piquant, au moins; mais très piquant !

LE DUC DE SULLI, d'un ton sévère.

C'est plaisanter mal-à-propos et bien légèrement, monsieur.

LE DUC DE BELLEGARDE, aU paysan.

Lève-toi, mon bon homme, lève-toi. Nous ne sommes point des voleurs, mais des chasseurs ëgare's, qui te prions de no^is conduire au plus prochain village.

LE V kY s AV, se relevant.

Eh! parguenne! messieurs, vous n'êtes qu'à une porté de fusil de Lieursain.

LE DUC DE ^ULLI

De Lieursain, dis-tu?

LE PAYSAX.

Oui, monsieur, et vous n'avez qu'à me suivre.

LE DUC DE BELLEGARDE

Bien nous prend que ce soit si près ; car nous sommes excédés de lassitude.

LE MARQUIS DE COKCHINI, aupajSan.

Et nous mourons de faim. Dites -moi, l'ami, trouverons-nous là de quoi?...

LE PAYSAN , l'interrompant.

Oh ! oui , car je vons vous mener chez le gardechasse de ce canton. Vous y trouverais des lapins

i32 LA PARTIE DE CHASSE DE HENRI IV. par centaine: car ces gens-là y mangiont les lapins, eux; et les lapins nous mangiont , nous ! LE DUC DE SULLI, donnant de P argent au

paysan.

Tiens, mon enfant, voilà un henri, conduisnous.

LE DUC DE BELLEGARDE, au paysan, en lui donnant aussi de l'argent.

Tiens , mon pauvre garçon.

LE MARQUIS DE COCHIM, au paysan^ en lui donnant de même de Vargent.

Tiens encore. Eh bien ! nous crois-tu toujours des voleurs?

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