SCENE IV
chelle, et ce sont les plus belles phylo-somies de parsonnes que j'aie jamais vues.
M. BERNARD
Combien sont-ils ?
THIBAUT
Quatre : deux gros monsieux qui m'ont la meine d'aimer bien la joie', avec deux belles dames qui ne la haïssont pas, je crois.
M. BERKARD.
Tu ne sais comme on les appelle ?
THIBAUT
Non ; mais ils sont venus dans un biau carrosse tout dore', avec six gros chevaux, et je ne sais combien de laquais derrière.
M. BERNARD
Et tout cet équipage est chez moi ?
THIBAUT
Non : le cocher est allé bouter le carrosse sous queuque hangar, dans le village; car tous les vôtres sont pleins de jarbes ; mai» il ramènera les chevaux, et j'ai dit que vous aviais une belle ètable, où il en tiendroit plus de vingt-quatre.
M. BERNARD
Ah, le pendard!
THIBAUT
Vous serez, morgue, ravi d'envisager ces che-
vaux-là ; je n'en ai jamais vu de si gros en ma vie. Ils m'ont tout l'air d'être bien nourris.
M. BERNARD
Jl n'y a pas moyen d'y résister; et depuis que ma pendarde de femme m'a fait acheter cette maudite maison de campagne , j'y ai dépensé , en moins d'un été, mon revenu de quatre années.
THIBAUT
Morguoi! vous vous divartissez bien aussi : toujours grand' chère et biau feu; la maison ne désemplit point, et n'an vous viant voir de partout; jarnigué, c'est qu'an vous aime.
M. BERNARD
Eh! oui, oui, l'on m'aime; mais je voudrois bien qu'on ne m'aimât point tant.
THIBAUT
Il faut que ce soit un sort, voyez -vous; et sti qui vous a vendu la maison étoit parguenne aussi embarrassé que vous : on l'aimoit tout de même , et il ne vouloit pas n'an plus qu'an l'aimît.
M. BERNARD
Si j'avois bien su cela...