M. BERNARD, THIBAUT
THIBAUT
Oh, palsanguoi ! monsieur , vous ne querellerez plus tant; il viant de vous venir, morgue, une bonne aubaine : v'ià ce que c'est de ne pa> toujours tenir la porte farmée.
M. BEUSARP.
Qu'y a l-il ?
THIBAUT
.le veux dire que si vous avez ici bien du monde, vous avez, morguenne, aussi de quoi les nourir.
M. BERSARl).
Comment donc?
THIBAUT
Un cerf qui est, morguoi, gros comme un âne viant d'arriver dans votre cour tout essouffle'; quoique vous m'ayais de'fendu de laisser entrer parsonne, jen'ai, pargué, pas été si sot que de li farmer la porte au nez. Je l'ai bravement laissé passer, je li ai bravement ôté mon chapiau, et j'ai dit à part moi : Bon, v'ià de la provision pour cheuxnous, et notre maître ne sera plus si enragé.
M. BERNARD
Eh bien?
THIBAUT
Hé bian, hé bian, le drôle s'est allé fourrer tout au fond de l'étable , darrière un tas de foin. Il croyoit être bian caché là; mais, morgue, il n'avoit pas affaire à un gniais. Je ne sis ni fou ni étourdi, voyez-vous; et crainte qu'il ne s'en retournit comme il étoit venu, avec un bon fusil, que j'ai été chercher dans la cuisine, je lui ai sanglé un bon chinfregniau par la face, et depis il n'a pas grouillé. Hé bian , morgue ,jurerez-vous contre moi d'avoir laissé entrer sti-là?