SCÈNE XXVII. 2i
M. BERNi^RI).
J'en suis ravi, je vous assure; il est bon de connoître d'honnêtes gens.
DORANTE
C'est un accommodement qu'on veut faire entre deux gentilshommes qui, depuis vingt -cinq ou trente ans , sont à couteaux tires pour une dispute qu'eurent autrefois leurs grands-pères.
M. BERNARD
Voilà une querelle bien ancienne, et cela est glorieux à accommoder.
DORANTE
Ces affaires-là font toujours honneur aux personnes chez qui elles se terminent.
Assurément.
DORANTE
J'appréhendois, mon père, que cela ne vous fît point autant de plaisir que cela me paroît vous en faire.
M. BERNARD
Pourquoi cela?
DORANTE
Je sais que vous n'aimez point la dépense.
M. BERNARD
Oh! je suis bien changé depuis que vous ne m'avez vu. Sont-ils beaucoup?
2i6 LA MAISON DE CAMPAGNE.
nORANTE.
Huit ou dix (le chaque côté.
M. BERKARD.
Ce n'est guère.
DORANTE
Les uns vont arriver, et les autres seront ici demain matin.
M. BERNARD
Oh çà, çà, je vais me préparer pour les recevoir.
DORANTE
Ah, mon pèie ! que je vous ai d'obligation !
M. BERNARD
Ce sont gens de bonne chère et de plaisir, n'estce pas ?
DORANTE
Oui, mon père, les plus honnêtes gens du monde.
M. BERNARD
Tant mieux. Je suis à vous dans un moment, ne vous ennuyez pas.
LA MAISON DK CAMPAGNK. ^^^}