LISETTE, LA FLECHE, M. BERNARD, M. GRIFFARD
LISETTE
Quoi ! ce jjrand monsieur qui nous a trouve'es dans le jardin?
L\ FLÈCHE
Oui, te dis-je, c'est l'oncle de mon maître, qui est capitaine des chasses de tout ce pays -ci. Il aime son neveu à la folie.
M. BEUNARD.
Comment diable! voilà le valet d'Eraste; estce qu'Eraste seroit chez moi?
LA FLÈCHE
Oh , par ma foi, voilà monsieur Bernard.
M. BER>ARD
Que fais-tu ici, coq
um
LA FLECHE
Rien, monsieur : je demandois une chambre à cette fille pour mon maître.
M. BER>A1!D
Une chambre pour ton maître !
LISETTE
Oui , monsieur : Eraste est là-haut avec madame et mademoiselle voire fille.
SCENK XXXII. 22''»
M. BERNARD
Éraste est avec ma fille !
LA FLÈCHE
Oui, monsieur : mais je voudrois bien savoir où il couchera, pour y mettre nos hardes.
Comment, coquin !
LA FLÈCHE
Savez-vous bien que vous tenez le plus beau cabaret de toute la route?
M. BER>'ARD
Attends, attends, je m'en vais t'apprendre...
LA FLÈCHE
Faites-moi toujours tirer cliopine, je vous prie.
SCÈ>E XXXIII.
M. BERNARD, madame BERNARD, LA FLECHE.
Mine BERNARD.
Ah bon Dieu, monsieur! qu'est-ce que tout ceci? Ne rougissez-vous point de vouloir faire un cabaret de votre lo^^is, et trouvez- vous que l'équipage oîi vous êtes convienne fort à un homme de votre caractère?
M. BERNARD
Pourquoi non, madame? ne vaut-il pas autant
226 LA MAISON DE CAMPAGNE, vendre mon vin à la campagne que de le taire vendre à pot dans Paris , comme la plupart de mes confrères?
M"ie liEH>AUD. #
Eh fi , monsieur !
M, LERNARD.
Je me moque de cela, et je ne veux point être ruiné.
M™e BERNARD.
Oh bien, monsieur, vous êtes plus près de l'être que vous ne vous l'imaginez : je n'entends point du tout les affaires ; mais il y a là-haut des gens en disposition de vous en faire une très mauvaise.
M. BERNARD
Comment donc, madame, une mauvaise affaire? '