ANGÉLIQUE, CIDALISE, DES SOUPIRS
CIDALISE
Ah, ma bonne ! quel excès de magnificence ! je croyois que la danse seule pouvoit suffire à de si grands airs.
ANGÉLIQUE
La danse a tenu quelque temps le haut du pavé ; mais monsieur Des Soupirs fait prendre le pas devant à la musique.
LISETTE
Ah! cela n est-il pas juste? c'est la musique
qui fait allei' la danse ; mais la danse ne fait point
chanter la musique.
CID.VLISE.
C'est une vérité incontestable.
LISETTE
Assurément; et par toutes sortes de raisons les chevaliers de G sol ut doivent l'emporter sur les marquis de la capriole.
DES SOUPIRS
Je me suis donné un carrosse depuis quelques jours, madame.
ANGÉLIQUE
Un carrosse , monsieur Des Soupirs ! voilà une matière belle pour la médisance. Combien de femmes vont être soupçonnées d'avoir part à cet équipage !
DES SOUPIRS
Vous ne sauriez croire , madame , tous les contes qui s'en font déjà, et les plaisanteries qu'on m'en dit à moi-même.
CID ALISE
Elles n'ont rien de désavantageux pour vous , et vous êtes toujours le héros de tous les contes qu'on peut faire.
DES SOUPIRS
Madame !