‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Dancourt (volume 2)Chapitre 18 sur 192 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

CRIS PIN

Oui, monsieur; mais la baromie...

LE CHEVALIER

Eh ! ventrebleu , maraud, ne t'ai-je pas dit que quand je suis chez une femme, je ne veux point que tu me viennes parler d'aucune autre?

CRISPIN

Cela est vrai; mais, monsieur, cette haronue...

LE CHEVALIER

Mais , monsieur le fat , taisez-vous , encore une fois, et ne venez point gâter une affaire qui est peut-être la meilleure qui me puisse arriver.

CRISPIN

Oh , oh ! Quoi , monsieur ! la maîtresse du logis parle-t-elle de mariage? songez-vous à l'épouser? l'aimez-vous?

LE CHEVALIER

Moi, l'aimer? Pauvre sot!

CRISPIN

De quelle affaire parlez-vous donc?

LE CHEVALIER

Je l'épouserai, si je veux; mais je la hais comme la peste, et ce ne seroit pas elle que j'e'pouserois.

CRISPIN

Non? Le diable m'emporte, si je vous entends.

LE CHEVALIER

Ce seroit quarante mille livres de rente qu'elle possède dont je pourrois être amoureux.

CRISPIX,

C'est-à-dire que ce sont les quarante mille livres de rente que vous épouseriez en l'épousant?

LE CHEVALIER

Et quoi donc? Si j'avois à aimer, ce ne seroit pas madame Patin, Dieu me damne.

CRISPIX.

Ce ne seroit pas aussi la vieille baronne ; car vous lui promettez tous les huit jours de l'épouser dans la semaine , et il y a près d'un an que vous l'amusez.

LE CHEVALIER

Si la baronne avoit gagné ses procès, je lapréfèrerois à madame Patin; et, quoiqu'elle ait quinze ou vingt années davantage , ses procès gagnés lui donneroient quinze ou vingt mille livres de rente plus que n'a madame Patin. *

C'est-à-dire que s'il en venoit encore quelque autre plus riche que ces deux-là, vous prendriez partie avec la dernière?

LE CHEVALIER

Je les ménagerai toutes, autant qu'il s'en présentera, le plus long-temps que je pourrai; et je

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