ANGÉLIQUE, CLITANDRE, CID ALISE
C LIT. ANDRE
L'amour est un bon guide, madame; je vous aurois cherchée vainement chez vous, et c'est lui qui m'a fait entendre que je vous trouverois
ClD ALISE.
Vous n'y seriez pas venu , si l'amour vous avoit donné de bons avis.
CLIT ANDRE
Qu'auroit-il pu me dire, madame, qui m'eut fait craindre de vous voir? Parlez, vous a-t-oii prévenue conti'e moi, et quinze jours d'absence me feront-ils vous retrouver infidèle ?
ciDALisE,7t part.
Le scélérat! ( haut. ) Qu'avez-vous fait, monsieur, depuis que vous m'avez quittée ?
CLITAJiDRE.
Moi ! madame , j'ai joint l'armée ; j'ai vu l'ennemi, je mesuisfaitvoir à nos généraux, j'ai fait le coup de pistolet , pris quelques officiers prisonniers; l'amour m'a rappelé vers vous, je suis revenu sans réflexion.
ANGÉLIQUE
On ne peut pas rendre un compte plus juste, et tu dois être satisfaite.
CI DALI SE
Oh! je n'y puis plus tenir, en vérité, et j'ai trop d'horreur pour l'imposture.
C LIT AND RE
Madame...
C IDALISE.
C'en est fait , Clitandre, rompons sans bruit et sans éclaircissement. Je vous connois trop pour vous aimer encore, et je vous estime trop peu pour avoir du ressentiment contre vous.
CLITANDRE
Madame ?
ANGÉLIQUE
Elle s'explique net; et, pour elle comme pour moi , vous aurez de la peine à vous faire croire innocent.
CLITAKDRE.
Lisette ?