ACTE II, SCÈNE II
M. SERREFORT.
Non ; mais qu'elle en prenne un autre.
jime PATIN.
Oh bien, monsieur, en un mot comme en mille , je prétends vivre à ma manière ; je ne veux point de vos conseils et me moque de vos remontrances. Je suis veuve , Dieu merci : je ne dépends de personne que de moi-même. Vous venez ici me morigéner, comme si vous aviez quelque droit sur ma conduite: c'est tout ce que je pourrois souffrir à un mari.
M. SERREFORT.
Quand monsieur Migaud sera le vôtre , il fera comme il l'entendra, madame ; car je crois que vous ne manquerez pas de parole : et si vous aimez tant la dépense, ce mariage au moins vous donnera quelque titre qui rendra vos grands airs plus supportables.
Mine pATl>'.
Oui, monsieur: quand monsieur Migaud sera mon mari, je prendrai ses leçons, pourvu qu'il ne suive pas les vôtres. Il s'accommodera de me.^ manières , ou je me ferai aux siennes. Est-ce fait ? avez-vous tout dit? Sortez-vous, ou voulez-vous que je sorte?
M. SERREFORT.
Non, madame; demeurez. Je ne me mêlerai
plus de vos affaires, je vous assure ; mais qu'une tête bien sensée en ait au plus tôt la conduite, et que ce double mariage que nous avons résolu se termine avant la fin delà semaine, je vous prie.
T^ime PAT IX.
Ne vous mettez pas en peine.