ACTE II, SCENE X. 6y
CKISPIN.
Oui, monsieur; les voilà.
LE CHEVALIER
Donne : ils serviront pour madame Patin.
CP.ISPIN.
Mais, monsieur, vous les allez rendre bien circulaires. Vous les avez déjà fait servir à plus de huit personnes différentes.
LE CHEVALIER
Bon! qu'est-ce que cela fait? S'il falloit de nouveauxvers pour toutes celles à qui l'on écrit... CRispi:y.
Diable, votre garde-robe seroit bientôt dégarnie de justaucorps.
LE CHEVALIER
Que dis-tu ?
C RISPI>'.
Rien ; écrivez seulement. Si le poète a vendu ces vers autant de fois que vous les avez envoyés, il n'y a point de fdle de bonne maison qui n'en doive avoir.
Tiens; attends madame Patin , et tu lui donneras mes tablettes.
Mais, monsieiu', vos tablettes sont-elles sages au moins ?
LE CHEVALIER
Que veux-tu dire?
CRISPIN
N'y a-t-il point dedans quelques chansons un peu libertines?
LE CHEVALIER
Comment ?
CRISPIX.
Quelques adresses scandaleuses?
LE CHEVALIER
Que tu es extravagant ! Je n'ai ces tablettes que d'hier : ce fut la baronne qui me les donna.
CRISPIN
C'est que les tablettes de vos pareils sont ordinairement de mauvais livres, et il y auroit conscience... Mais voici Lisette qui nous écoute, je crois.
LE CHEVALIER
Je la croyois avec madame Patin. N'a-t-elle rien entendu?
Ma foi, je ne sais: mais, puisque la voici, je vais lui laisser ces tablettes ; elle les donnera à sa maîtresse.
LE CHEVALIER
Non: demeure ici; je veux que lu les donnes toi-même.