‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Dancourt (volume 2)Chapitre 49 sur 192 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M. MIGAUD, LISETTE.

LISETTE

Non , monsieur , madame Patin n'est pas seule entêtée d'un homme de cour. Lucile, sa nièce et voire prétendue bru, suit l'exemple de sa tante; elle donne dans les gens du bel air, et traite un mai'iage incognito avec un galant du caractère du chevalier: elle en est éperdument amoureuse.

M. MIGAUD.

Ouais : voilà une étrange famille , et il faut être bien ennemi de son repos pour vouloir épouser et la tante et la nièce.

LISETTE

Oui, mais quarante mille bonnes livres de rente sont quelque chose de bon, et cela fait passer sur bien des petites choses.

M. MIGAUD.

Tu as raison ; cet entêtement où est madame Patin pour ce chevalier m'embarrasse un peu, je

te l'avoue, à cause des quarante mille livres de

rente.

LISETTE

Toute la question est de lui faire perdre cet entêtement; car, après cela, vous ne vous ferez pas une affaire de la mettre à la raison.

M. MIGAUn,

D'accord; mais je crains que mon fds ne vienne pas si facilement à bout de Lucile.

LISETTE

Oh ! pour Lucile , dès que monsieur Serrefort saura la chose, il la mettra sur le bon pied, je vous en réponds. Il n'y a seulement qu'à rompre le cours d'une intrigue naissante; elle n'est encore guère avancée. Dieu merci : et pourvu qu'on fasse diligence, il n'y a rien, ce me semble, à risquer pour monsieur votre fils.

M. MIGAri).

Oh ! ma pauvre Lisette, ce sont les suites qui me paroissent à craindre. L^'ne jeune femme dont on force les volontés tombe souvent dans de terribles irrégularités, sur- tout quand son mari a du foible pour elle, et qu'elle a du penchant pour un autre.

LISETTE

Ce n'est pas à moi de disputer contre vous sur ces sortes de choses, et vous devez mieux savoir

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