‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Dancourt (volume 2)Chapitre 52 sur 192 · ACTE m, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE II

M. MICAUD.

^os affaires et celles de nos parties ne nous occupent pas toujours : nous pi'e'fe'rons souvent celles de nos amis, et je veux bien vous avouer que quelques avis qu'on m'a donnés sur quelque chose qui vous regarde m'ont fait remettre à deux ou trois jours le jugement de ce procès dont vous m'avez écrit.

jime PATIS.

C'est pour la même affaire que j'allois chez vous. Mais quel avis, monsieur, vous a-t-on donné où vous preniez tant d'intérêt ?

M. MIGAUD.

Puisque l'affaire vous touche, il n'est pas extraordinaire que je m'y trouve intéressé. Vous avez eu quelque démêlé de carrosse à carrosse avec une marquise qu'on nomme Doriméne.

M™e PATI>'.

Ah, ah! qui vous a conté cette histoire? Vous connoissez cette marquise-là, monsieur?

M. MIGAUD.

Oui, madame.

Mme PATIN.

Et c'est de chez elle que vous venez?

M. MIGAUD.

Oui, madame.

y8 LE CHEVALIEU A LA MODE.

^ime PATIN.

Eh bien! monsieur, vous n'avez qu'à y retourner, s'il vous plaît. C'est une bonne impertinente, que votre marquise Dorimène; et je vous trouve bien plaisant d'aller chez elle , et de me le venir dire à mon nez vous-même.

M. MIGAUD.

Je ne lui ai rendu visite que pour vous obliger , madame: je la connois; elle est d'une humeur violente; elle se croit offense'e , et elle est femme à vous barbouiller terriblement dans le monde.

Mme pATI>'.

Plaît-il, monsieur? Que voulez-vous dire? Hé! sont-ce des femmes comme moi qu'on barbouille?

M. MIGAUD.

Hé! madame, il n'est rien plus facile aujourd'hui que de donner des ridicules , et même aux gens qui en ont le moins. Mais quand vous seriez au-dessus de tout cela, vous voulez bien que je vous dise qu'il y a de certaines choses que vous devez craindre plus encore que le ridicule.

^me PATIN.

Et qu'ai-je à craindre, s'il vous plaît?

M. MIGAUn.

Tout, madame. Vous avez l'ame parfaitement belle; vous êtes la personne du monde la plus magnifique, et cela vous fait de? jaloux: votre ma-

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