ACTE III, SCÈNE III
ce soit ce fou de Crispin qui l'ait laissé tomber de sa poche. Il y a quelque chose de tout-à-fait drôle, madame, et je l'ai gardé pour vous eri donner le divertissement.
^me pATI>\
Voyons ce que c'est. Liste des maîtresses de mon maître, avec leurs noms y demeures et qualités. Et vous croyez, Lisette, que cela doit me divertir ?
Oui, madame. Lisez, lisez seulement le reste; cela vous donnera du plaisir , je vous en réponds.
mme pATI>.
Ce commencement ne m'en fait point du tout. Dorimène la médisante y rue (f.es mauvaises -paroles, Dorimênel Dorimène! Ah! voilà ma marquise justement ; monsieur Migaud avoit raison , le chevalier est un scélérat. Un siège, je n'en puis plus.
LISETTE
Madame! madame! Oh! par ma foi, je ne croyois pas que vous vous fâcheriez de ces petites bagatelles. N'achevez pas, madame, puisque vous êtes si sensible.
Mme pATIX.
Non, non: je veux connoître toutes ses intrigues, pour le haïr mortellement.
LISETTE
Si VOUS êtes dans ce dessein-là, vous n'avez qu'à continuer.
Mme PATIN.
La sotte comtesse, rue Bétisy , a lliôtel de Picardie. Le traître !
La magnijifjue marchande , rue des Cinn-Diatnants, à la Folie des bourgeoises. Que je me veux mal de l'avoir aimé !
Lucinde la coquette, en cour, au grand commun. Que je le hais !
Silvanire la précieuse, inie Montorgueil. Je le déteste.
Mademoiselle du Hasard, rue des Bons- Enfants, au Repentir. C'est un monstre !
La grosse marquise au teint luisant, rue du Plâtre, proche les Enfants-Rouges. C'en est fait, je ne le veux plus voii-.
LISETTE
Mais, madame...
Mme PATIN.
Non , je ne le veux plus voir, résolument.
LISETTE
Je crois que je l'entends.
Mme PATIN.
Où vas-tu?