ACTE III, SCENE IV
LE CHEVALIEn.
Non , non , madame , non ; je ne prétends point abuser de votre indulgence ; punissez-moi si je suis criminel ; voyez , examinez toute ma conduite. Les apparences sont terriblement contre moi, je l'avoue. Depuis deux mois entiers, je me refuse à toutes les parties de plaisir qu'on me propose ; je n'en trouve qu'à vous voir, qu'à vous aimer, qu'à vous le dire ; je vous le jure à tous moments; je surmonte , pour vous le persuader, l'aversion naturelle que les jeunes gens du siècle ont pour le mariage ; je renonce à toutes les compagnies ; je romps vingt commerces des plus agréables : je désespère peut-être les plus aimables personnes de France. Tout cela , madame , est bien scélérat; je suis un perfide, il est vrai : mais en vérité , madame , ce n'étoit point à vous de vous en plaindre.
Mme PATIN.
Ah chevalier! que vous êtes méchant! Je sens bien que vous me trompez, et je ne puis m'empêcher d'être trompée,
LISETTE
Voilà le plus impudent petit scélérat que j'aie jamais vu.