‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Dancourt (volume 2)Chapitre 84 sur 192 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

vous aime , en expirant de douleur de vous avoir offensée.

Mme PATIN.

Levez-vous, levez-vous, monsieur le chevalier.

CRISPIN

La pauvre femme î

LE CHEVALIER

Ah, madame! que je mérite peu...

jime PATIN.

Ah , petit cruel ! à quelle extrémité avez- vous pensé porter mon dépit? Savez-vous bien, ingrat , qu'il ne s'en faut presque rien que je ne sois la femme de monsieur Migaud ?

LE CHEVALIER

Si cela est , madame , j'irai déchirer sa robe entre les bras mêmes de la justice, et je me ferai la plus sanglante affaire...

Mme PATIN.

Non , non , chevalier ; laissez-le en repos : le pauvre homme ne sera que trop malheureux de ne me point avoir; mais je vous avoue qu'il m'auroit , si j'avois trouvé mon beau-frère chez lui • heureusement il n'y étoit pas.

LE CHEVALIER

Ah, je respire! Je viens donc de l'échapper belle , madame ?

Mme PATIN.

Vous VOUS en seriez consolé avec la baronne.

LE CHEVALIER

Eh fi, madame ! ne me parlez point de cela, je vous prie. Je ne songe uniquement, je vous jure, qu'à lui donner mille pistoles que je lui dois , et qu'il faut que je lui paie incessamment : madame , je vous en conjure.

Mine PATIN.

Si vous êtes bien véritablenlent dans ce dessein, j'ai de l'argent, chevalier, venez dans mon cabinet.

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