M. SERRE FORT
Morbleu, madame ! j'en sais plus que je n'en voudrois savoir.
M™e PATIN.
Hé bien ! monsieur, tâchez de l'oublier.
M. SERREFORT.
Mais vous ne nous manquerez pas de parole
i32 LE CHEVALIER A LA MODE, impunément; et il ne sera pas dit que vous aurez jeté ma fille clans le même dérèglement d'esprit où vous êtes , et que son père l'ait souffert sans ressentiment.
^ime PATIN.
Quel discours est-ce là ? Que voulez-vous dire ? Suis-je une déréglée, s'il vous plaît? Ecoutez, monsieur Serrefort, vous me ferez raison des termes offensants dont vous vous servez; prenez-y garde , je vous en avertis.
M. SERREFOET.
Écoutez, madame Patin, il n'y a qu'un mot qui serve : je suis bien informé que vous voulez épouser un gueux de chevalier, qui se moquera de vous dès le lendemain de vos noces : je sais de bonne part que ma fille s'entête de quelque espèce de marquis plus gueux peut-être que votre chevalier. Monsieur Migaud sait tout cela comme moi ; mais nous ne demeurerons pas les bras croisés ni l'un ni l'autre, et nous vous rendrons raisonnable malgré vous-même.
Mine PATIN.
Oh bien ! monsieur Serrefort, je vous en défie. Songez à le devenir, monsieur Serrefort; et ne mettez pas ici les pieds que vous ne vous soyez rendu plus sage.