ACTE I, SCENE III. i
solution est prise, il faut que je devienne marquise, cpioi qu'il en coûte; et pour cet effet, je vais absolument rompre avec ces petites gens dont je me suis encanaillée. Commençons par monsieur Serrefort.
LISETTE
Monsieur Serrefort, madame! votre beaufrère !
jime PATI>'.
Mon beau-fi'ère! mon beau -frère! Parlez mieux s'il vous plaît.
LISETTE
Pardonnez-moi, madame; j'ai cru qu'il étoit votre beau-frère, parcequ'il étoit frère de feu monsieur votre mari.
jUae pA.TI>-.
Frère de feu mon mari, soit; mais mon mari étant mort. Dieu merci, monsieur Serrefort ne m'est plus rien. Cependant il semble à ce crasseux-là qu'il me soit de quelque chose; il se mêle de censurer ma conduite, de contrôler toutes mes actions. Son audace va jusqu'à vouloir me faire prendre de petites manières comme celles de sa femme, et faire des comparaisons d'elle à moi. Mais est- il possible qu'il y ait des gens qui se puissent raéconnoître jusqu'à ce point-là?
i4 LE CHEVALIER A LA MODE.
LISETTE
Oui, oui, je commence à comprendie qu'il a tort, et que vous avez raison, vous. C'est bien à lui et à sa femme à faire des comparaisons avec vous! Il n'est que votre beau-frère , et elle n'est que votre belle-sœur, une fois.
jyime PATIN.
Il n'y a pas jusqu'à sa fille qui ne se donne aussi des airs. Allons-nous en carrosse ensemble, elle se place dans le fond à mes cotes ; sommes-nous à pied, elle marche toujours sur la même ligne, sans observer aucune distance entre elle et moi.
LISETTE
La petite ridicule ! Une nièce vouloir aller de pair avec sa tante?
M"ie PATIN.
Ce qui m'en de'plalt encore, c'est qu'avec ses minauderies, elle attire les yeux de tout le monde, et ne laisse pas aller sur moi le moindre petit regard.
LISETTE
Que le monde est fou ! Parcequ'elle est jeune et jolie, on la regarde plus volontiers que vous.
mme PAT IX.
Cela cliangera, ou je ne la verrai plus.
LISETTE
Vous la corrigerez aisément, et en devenant